09.07.06
Mandale est Nigérian, il a 33 ans, et il partage un minuscule logement à Rabat avec sa femme, son frère et sa petite fille.
Pharmacien de formation, il enchaîne les petits boulots dans la capitale marocaine pour subsister, sans perdre de vue son objectif: rechercher une vie meilleure en Espagne.
En 2003, il a tenté d'escalader la clôture séparant le Maroc de l'enclave espagnole de Melilla, mais des tirs ont retenti et il a décampé, la peur au ventre. "Dieu nous a aidés et de bons Marocains nous aident", dit-il. "Nous allons manger chez des gens et ils me donnent 60 dirhams (7$) si je n'ai pas d'argent."
Le renforcement de la surveillance aux frontières sud de l'Europe bloque au Maroc des milliers d'émigrants venus d'Afrique noire, une situation difficile à gérer pour ce pays déjà accablé par la pauvreté et menacé de troubles sociaux.
En multipliant les patrouilles le long de ses côtes, le Maroc a réduit le flux d'immigrés cherchant à gagner l'Europe. Maintenant, il veut qu'on l'aide à accueillir le nombre croissant d'Africains démunis qui arrivent chez lui.
Rabat prône une stratégie nouvelle pour réduire les inégalités de richesses poussant des milliers de personnes à tenter d'émigrer illégalement. Il compte profiter de la conférence sur l'immigration euro-africaine qu'il accueillera les 10 et 11 juillet pour se faire l'avocat d'une approche commune.
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