Wisekey prend le vent avec Alinghi et rêve de faire le tour du monde


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12-08-2009

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Wisekey prend le vent avec Alinghi et rêve de faire le tour du monde
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PARTENARIAT | Le spécialiste genevois de la sécurisation des données compte sur cet événement sportif pour asseoir ses ambitions de croissance

PIERRE-YVES FREI | 08.12.2009 | 00:00

Si certains sponsors – à l’image d’Audemars Piguet – ont préféré descendre du bateau sponsoring Alinghi pour des raisons de crise économique, d’autres ont décidé de rester à la barre. «Nous savons où nous allons avec Alinghi, souligne Carlos Moreira. La Coupe de l’America est l’un des trois grands événements sportifs du monde avec les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football. On parle de 400 millions de téléspectateurs. C’est une chance unique de mettre en valeur le savoir-faire suisse. Car je ne doute pas qu’Alinghi remportera cette coupe.» 

Espionnite aiguë

Spécialiste de la sécurité informatique et de la protection des données, Wisekey – qui compte aujourd’*** 130 collaborateurs dans le monde, dont
un quart à Genève – assurera donc la sécurisation de l’équipe Alinghi. A entendre son CEO, ce n’est pas un luxe si l’on pense aux nombreux épisodes d’espionnage technologique qui balise l’histoire de cette compétition. Ce que Wisekey propose à l’équipe suisse, c’est un ensemble de
produits qui garantira que les données informatiques sensibles ne pourront être accédées que par les seules personnes qui en auront reçu l’autorisation.

Carlos Moreira cite en exemple une clé qui ressemble furieusement à une clé USB. A deux détails près. «Tout d’abord, cette clé intègre un système de reconnaissance biométrique des empreintes digitales qui l’attachent donc à son propriétaire. Ensuite, il s’agit d’une clé active. Autrement dit, une fois branchée sur un ordinateur, elle se comporte un peu comme une unité centrale. L’utilisateur peut travailler, mais une fois qu’il la retire de l’ordinateur, toutes les données sensibles qu’il a traitées sont «aspirées» par la clé USB et il n’en reste rien sur l’ordinateur.»

Ce partenariat avec Alinghi doit servir les ambitions de Wisekey. Et celles-ci sont élevées. Deux indices. La société genevoise envisage de plus en plus de s’attaquer au marché de masse. Traduction: elle qui est principalement active dans la sécurité très haut de gamme, pour des gouvernements par exemple, rêve de rendre sa technologie indispensable au simple utilisateur. Un rêve d’autant plus réaliste selon Carlos Moreira que, dans les dix ans à venir, Internet va sortir de l’adolescence pour rentrer dans le vif du sujet, soit l’ère transactionnelle.

«De plus en plus d’activités requérant un respect absolu de la sphère privée vont se dérouler sur Internet. Transactions bancaires, échanges de données de santé, etc. Il faudra des technologies pour assurer qu’elles ne peuvent être captées par un tiers.» Cette nouvelle orientation stratégique arrive à point nommé, à un moment crucial pour la société Wisekey puisque celle-ci prépare son entrée en Bourse, laquelle aura lieu en Suisse dans les prochains mois. Cet attachement au pays à la croix blanche n’est pas un hasard.

La société tient par-dessus tout à cette identité qui sert son message. «De par sa stabilité politique et économique, sa neutralité, mais aussi de par son grand attachement au respect de la sphère privée, la Suisse peut devenir demain une sorte de gardien mondial des données sensibles.»

Il y a comme de la consolidation dans l’air

Et il va sans dire que Wisekey entend profiter de son actuel positionnement de leader dans ce domaine pour conforter sa place. Ce qui la condamne évidemment à grandir. L’entrée en Bourse sert cet objectif grâce aux importants moyens financiers qu’elle donnera à la société genevoise.

En droite ligne avec cette logique de croissance, le patron de Wisekey, Carlos Moreira, avoue d’ailleurs son intention de réaliser deux ou trois acqui­sitions. Le moment est propice. La crise a fait baisser les prix et les bonnes opportunités sont légion selon lui. Et comme pour mieux souligner que ses affaires se portent bien, Carlos Moreira ajoute qu’il envisage d’engager, au siège genevois, une quinzaine de collaborateurs supplémentaires dans les prochains mois.